Décès de Paul Bocuse, La gastronomie française perd son plus grand représentant

Décès de Paul Bocuse, La gastronomie française perd son plus grand représentant

Paul Bocuse appartient à une dynastie de cuisiniers qui remonte au XVIIIe siècle. Il est né le 11 février 1926 à Collonges-au-Mont d’Or, dans la même maison qu’il habite jusqu’à sa mort.

Il consacre toute sa vie à la gastronomie française.

Entré en apprentissage à 16 ans à Lyon, il poursuit après la guerre sa formation auprès de Eugénie Brazier, première femme triplement étoilée en 1933. Elle lui inculque la rigueur ; « Bien faire un travail ne prend pas plus de temps que de le faire mal », assène-t-il ainsi.

Il obtient ensuite sa première Etoile au Michelin en 1958 et transforme l’auberge familiale, rebaptisée l’Auberge du Pont, en un temple de la gastronomie française. Il est ensuite élu Meilleur Ouvrier de France en 1961.

Avec ses trois Etoiles conquises dès 1965 « Monsieur Paul » était considéré comme l’un des plus grands chefs au monde, un des plus célèbres, des plus appréciés. Premier chef à entrer au musée Grévin. Et consacré « Chef du siècle » en 2011 par l’Institut Culinaire Américain de New-York.

« Monsieur Paul » se définissait comme « un adepte de la cuisine traditionnelle » qui « aime le beurre, la crème, le vin » et pas « les petits pois coupés en quatre ».

On afflue du monde entier pour déguster sa Poularde demi-deuil, son Gratin de queues d’écrevisses, ou sa Soupe VGE crée en 1975 pour la remise de sa Légion d’Honneur à l’Élysée par la président Valéry Giscard d’Estaing.

Bardé de titres et d’honneurs, il s’implique dans plusieurs autres actions. La formation lui tient particulièrement à cœur ; il crée l’Institut Paul Bocuse d’Ecully (Rhône), qui prépare aux métiers de l’Hôtellerie, de la Restauration et des Arts Culinaires. Bocuse aimait transmettre le « goût du travail bien fait ».

Il crée le concours international du « Bocuse d’Or » en 1987 qui constitue un véritable tremplin pour de jeunes chefs.

Dès 1960 il part en Europe, au Japon ou encore aux États-Unis. Il est un précurseur qui ramène de ses voyages des recettes qu’il décline et adapte dans ses restaurants. Pour lui « La cuisine, c’est la paix dans le monde ».

Grâce à une vingtaine de restaurants en France et à l’étranger (huit brasseries au Japon, des restaurants en Floride ou encore à Shanghai), une résidence hôtelière, l’exploitation de produits dérivés… Paul Bocuse bâtit un empire générant plus de 50 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Paul Bocuse c’est aussi une forte personnalité avec un solide sens de l’humour un farceur friand de bons mots. « Vous avez fait de piètres études ? », lui demande un animateur. « Oui mais j’ai mes deux bacs : le bac d’eau froide et le bac d’eau chaude », répond-il.

Le Président de la République Emmanuel Macron le salue ainsi :

« Son nom seul résumait la gastronomie française dans sa générosité, son respect des traditions mais aussi son inventivité. (…) De lui restera l’exemple d’un maître incontesté et généreux, alliant l’exigence la plus grande et l’humanité la plus simple ».

Avec un tel parcours, pour Paul Bocuse :

« La bonne cuisine, c’est quand on soulève le couvercle, que ça fume, que ça sent bon et qu’on peut se resservir ».