La Gastronomie française inscrite au Patrimoine Immatériel de l’Humanité

La Gastronomie française inscrite au Patrimoine Immatériel de l’Humanité

Les experts de l’UNESCO ont estimé que le repas gastronomique à la française, avec ses rituels et sa présentation, remplissait les conditions pour rejoindre la liste du Patrimoine Culturel Immatériel de l’Humanité !

La France veut préserver ce patrimoine, et ce malgré l’évolution des modes de vie. Des efforts particuliers sont faits auprès des jeunes générations. Par exemple, les repas fournis dans les écoles sont conçus comme un moment éducatif à part entière. Et chaque année, en octobre, la Semaine du Goût amène les enfants à découvrir un éventail de saveurs aussi large que possible.

Dans le reste du monde, les Ambassadeurs de France veillent à la qualité de la table au sein de leur ambassade pour faire honneur à la réputation gastronomique de notre pays.

Une décision prise par l’UNESCO

Depuis 2010, c’est donc chose faite : les experts d’un comité de l’UNESCO, réunis à Nairobi, Kenya, ont statué favorablement à la demande française. Notre gastronomie a été inscrite au Patrimoine Mondial Immatériel de l’Humanité. Lors de cette session, le comité a examiné plus d’une cinquantaine de dossiers, des croix de pierre arméniennes aux fêtes de Giong dans les temples du Vietnam, du flamenco espagnol à l’acupuncture chinoise, sans oublier l’art du tapis en Azerbaïdjan.

C’est en 2008, à l’occasion de sa visite au Salon de l’Agriculture de Paris, que le Président de la République d’alors, Nicolas Sarkozy, avait manifesté son intention de déposer à l’UNESCO un dossier de candidature pour inscrire la gastronomie française sur la liste du Patrimoine Culturel Immatériel de l’Humanité. Le dossier a par la suite été soutenu par le Ministère de l’Agriculture et par de nombreux chefs et gastronomes décidés à prouver que la cuisine, c’est de la culture. La particularité et l’identité du repas gastronomique français ont été inscrits sur cette même liste le 16 novembre 2010 par l’UNESCO, deux années plus tard donc. C’est la première fois que des traditions culinaires sont enregistrées dans cette liste. La même année, la cuisine mexicaine et le régime méditerranéen rejoignent également la liste du Patrimoine Culturel Immatériel.

Qu’est-ce que le Patrimoine Mondial de l’Humanité ?

Depuis la signature de la convention de 1972, l’UNESCO classe les sites et monuments du monde qui présentent un caractère d’exception. L’organisation est aussi mandatée, aux termes d’une convention signée en 2003, pour la protection du Patrimoine Immatériel de l’Humanité.

Ratifiée à ce jour par 132 pays, cette convention vise à protéger les cultures et traditions populaires. 178 pratiques culturelles ou savoir-faire traditionnels ont été inscrits jusqu’ici au Patrimoine Universel Immatériel de l’Humanité.

Le goût s’apprend à l’école

L’UNESCO a évoqué le risque d’usage abusif du label de l’UNESCO à des fins commerciales. La France a à cœur d’appliquer pleinement l’esprit et la lettre de la Convention sur le Patrimoine Immatériel.

Cette inscription implique donc la mise en œuvre de mesures visant à assurer la préservation du repas gastronomique des français, notamment en matière d’initiation au sein même des écoles. Dans ce domaine, l’éducation est essentielle pour sensibiliser les jeunes à la culture du goût et transmettre aux générations futures les arts de la table, en perte de vitesse avec l’influence de la restauration rapide.

Le repas fait partie de l’identité culturelle française

Les membres du Comité ont noté que le repas était en France « une pratique sociale coutumière destinée à célébrer les moments les plus importants de la vie des individus et des groupes, tels que les naissances, les mariages, les anniversaires, les succès et les retrouvailles ». C’est donc une pratique qui renforce l’identité collective, resserre les liens familiaux et amicaux. L’accent a été mis sur le fait que la gastronomie française est synonyme de l’art du goût, du bien être ensemble et de l’harmonie entre l’être humain et les productions de la nature.

C’est donc le repas associé à l’identité culturelle qui est mis en exergue : l’achat de produits de qualité, de préférence locaux, dont les saveurs s’accordent bien ensemble ; le choix particulier des mets, parmi un recueil de recettes qui ne cessent de s’enrichir ; le mariage entre mets et vins ; l’esthétisme de la table ; les conversations. Le repas fait partie de l’identité des français. Il est aussi bien normand, provençal que bourguignon ou alsacien. Il dépasse les frontières, il nous rassemble.

Un repas type de lUNESCO

Le repas reconnu par l’Unesco doit comporter un apéritif, une entrée, un plat principal avec viande ou poisson et accompagnement, du fromage, un dessert et un digestif sans omettre le vin en accord avec les plats.

Anecdote Mexicaine !

Pour la petite anecdote, c’est d’abord le Mexique qui a eu l’idée de faire inscrire sa cuisine nationale à l’Unesco. Mais il a à juste titre semblé impensable que la France ne le fût pas.